Jonas Delhaye

kaolin

Atlas, 2016
Bois de cèdre, verre, fil inox, acier, cire d'abeilles gauffrée, essaim. Diamètre 185 cm x 85 cm


Pour l’installation intérieure, le dessin des feuilles de cire dans les cadres de ruche deviennent des graphiques d'une coupe du relief, leurs successions une véritable cartographie en volume représentant le périmètre de récolte des abeilles produite dans l’environnement proche. Neuf cadres sont manquant. Ils sont placés dans la ruche à proximité du lieu d’exposition, comme une portion de paysage laissée à l’essaim qui modulera durant l’été la géographie de la maquette. Ils pourront réintégrer l'installation par la suite laissant la place pour une nouvelle mise en place.

kaolin

Fossiles (Kaolin), 2015
Kaolin, Porcelaine, Collodion humide, Dimensions variables


À partir d’un procédé photographique ancien au collodion, l’intérieur des sphères creuses en porcelaine sont sensibilisées. Les photographies sont prises sur une carrière d’extraction de kaolin (minéral essentiel à la réalisation de la porcelaine), et s'impriment sur la surface intérieure. La question du gain et de la perte est intrinsèque à l'installation, il est nécessaire de casser l’objet pour appréhender l’image, la fragmenter pour soit la révéler soit la perdre totalement.

chene

Trait pour trait, YIA 2015, Le Carreau du Temple, Paris
Papier photographique argentique couleur
Diamètre 275 cm


"Trait pour trait" continu l'approche photographique initiée avec Liquidambar au Domaine de Kerguéhennec.
À partir d'un dispositif photographique nomade et modulable positionné autour d'un arbre, la photographie argentique résultante est l'impression par la lumière de la frondaison d'un chêne.

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panoptiques

Panoptiques, 2015, Nuit Blanche, Mayenne

Disséminées sur le parcours de la Nuit Blanche ces formes sont construites pour devenir des appareils d’observation, sténopés aux parois sensibilisées par un procédé photographique ancien dont seule la mue photographique sera visible durant une exposition postérieure.
(La Chapelle Fifteen)

Inspirés par les systèmes de vidéosurveillance, essaim, nid et parasites organiques, ces objets placés in-situ prennent appui sur l’architecture, dans les interstices, les coins et se fondent dans la ville obscure. Cet organisme à multiples têtes interroge la position du spectateur. Il est moins un objet que l’on voit qu’un objet qui potetiellement nous regarde dans la nuit, éclairé uniquement par les lumières vespérales..

affut

AFFÛT, 2013, Communauté de communes Baie du Mont St Michel
Bois, polystyrène extrudé, charnière, grillage, offset, végétaux, papier photographique instantanné 10 x 8cm
Diamètre 150cm


Affût s’inspire des observatoires ornithologiques et des affûts de chasseurs. Le projet joue de l’ambiguité intrinsèque du dispositif, entre chasse et photographie. Ici, l’appareil photographique se métamorphose en habitat végétal, transitoire et flottant. Des boites sténopés sont incrustées dans les parois et capturent des images polaroids durant l’excursion.

À l’intérieur, en vêtement de plongée, furtif, la traque est une patiente observation au coeur du marais de Sougeal et porte un regard sur l’intérêt ornithologique du site.

synthèse

SYNTHÈSE, 2012, Domaine de Kerguéhennec
Bois, plombs typographique, cire d’abeille, projection photographies diapositives.
D’après une nouvelle du recueil Aleph de Luis Borges, L’écriture du dieu.
Cette oeuvre est réalisée dans le cadre d’une résidence au domaine de Kerguéhennec durant l’automne 2012.


À l’aide d’une tablette d’écriture spécifique construite en bois, cordelettes et cire d’abeille, des plombs de typographie sont utilisés pour imprimer en creux les feuilles de chêne. Toute la nouvelle de Luis Borges est réinscrite lettre après lettre, ponctuée sur la surface végétale. Chaque lettre laisse aussi son empreinte dans la mince couche de cire d’abeille qui recouvre la tablette. Toute l’histoire y est potentiellement lisible, encodée par les gestes successifs et aléatoires de l’écriture.

L’histoire vire au vent avant de disparaître à l’Automne. Le projet questionne l'expérience du langage et invoque le personnage de la naration, prisonnier cherchant une formule secrète inscrite au coeur des choses du monde.

residence

LIQUIDAMBAR, 2012 - 2014, Domaine de Kerguéhennec
Bois, toile occultante, offset, cordes, acier, accastillage, papier argentique couleur.
Diamètre photo : 3,70 m
Cette oeuvre est réalisée dans le cadre d’une résidence au domaine de Kerguéhennec durant l’automne 2012.


La chambre noire construite à l’échelle du corps devient un appareil nomade et modulable ; objet qui arpente, se fixe autour des arbres, repart, entre l’appareil de photographie et l’habitat. La toile en plis amidonnés est construite comme un soufflet, assurant la modularité du dispositif.

L'abris photographique capture par dessous le feuillage des arbres. Des centaines de feuilles de papier photosensible sont disposées autour du tronc. L’image argentique couleur est un cercle photographique d’environ 4m de diamètre. Le négatif couleur obtenu varie du jaune au brun rouge et vert. Ici, la photographie est envisagée non pas dans la seule perspective de la production d’une image, mais comme une expérience corporelle et intime avec le paysage, quasi performative.

danseuses

LES DANSEUSES, 2012, Domaine de Kerguéhennec
Vidéo, 8min30
Cette oeuvre est réalisée dans le cadre d’une résidence au domaine de Kerguéhennec durant l’automne 2012.


Des cordes verticales traversent l’écran de part en part. Elles oscillent dans une chorégraphie aléatoire.

Filmés durant l’élagage, les mouvements des cordes sont les répercutions ondulatoires du déplacement des grimpeurs dans le feuillage du chêne centenaire.

autovia

AUTOVIA, 2012
Appareil photographique : tiges de fer, fil de fer, bâche, boulon, cuivre, isolant plastique, tube, bitume, lignes de peinture jaunes, graviers... diapositives 4x5in rétroéclairées


Sur une autoroute en construction près de Celanova en Galice espagnole, décentrer le regard de cette perspective linéaire pour rendre compte des “habitants du bas côté”.

L'appareil photographique est construit à partir des débris glanés sur le chantier de l'autoroute.

Champ de tir

SAINTE-BARBE, CHAMP DE TIR DE L'AVIATION MILITAIRE, 2011
Appareil photographique : débris d'obus, cibles, os de lapins, os divers, diapositives 4x5in rétroéclairées


Les fragments (obus, cible, os...) collectés sur le champ de tir, que la déflagration a transformé en matériaux, deviennent les éléments utilisés pour la construction de l’appareil photographique.

Le sténopé n’est alors plus seulement un outil de production de l’image, mais par son mode de fabrication et sa présence matérielle, génère une proximité physique avec le lieu. Dans une mise en abyme, les éléments viennent photographier l’espace où il furent collectés, les infrastructures militaires (cibles, guides de vol, blockhaus...). L'intérieur de l'appareil vient s'imprimer en photogramme sur la surface sensible.

Topomètre

TOPOMÈTRE, 2011
Diptyque vidéo en boucle, Île d’Ouessant.
Collaboration avec Guillaume Lepoix

À partir d'éléments précaires récupérés au hasard de la déambulation, souligner la topographie du terrain en matérialisant la force des éléments. Il y est question de forces, d'efforts, de postures, de mimesis, mimesis de la corde et du territoire insulaire, des deux temps d'expérience du site, du dyptique vidéo.


APLOMB, 2011
Vidéoprojection en boucle, Île d’Ouessant, Collaboration avec Guillaume Lepoix.

Inspiré par la figure de proue. Penché au bord de la falaise, en équilibre dans le vide et les vents violents.

La conférence des oiseaux

LA CONFÉRENCE DES OISEAUX, 2011
verre soufflé, appeaux pour oiseaux.
Réalisés au Centre International d’Art Verrier de Meisenthal

Inspirée du poème soufi de Farid Al-Din Attar, La conférence des oiseaux est une série de modules disposés dans les arbres, des appeaux* qui fonctionnent en autonomie avec le vent. L'air qui s'engouffre dans les différents pavillons fait résonner aléatoirement le chant des oiseaux. Chaque module revêt une taille et un code couleur pigmentaire établis en fonction des divers plumages.


* Un appeau est un petit objet construit de bois ou de fer qui permet d'immiter le chant des oiseaux

La conférence des oiseaux

LA CONFÉRENCE DES OISEAUX, 2011
Installation vidéo, table ronde en suspension, câble, miroir

Inspirée du poème Soufi La Conférence des Oiseaux de Farid Al-Din Attar écrit en 1177, une table ronde est en suspension et reçoit une vidéoprojection.
Des graines et fruits sont disposés sur la table. Les oiseaux sauvages (merles, pinsons, moineaux...) viennent picorer par dessous et révèlent petit à petit leurs présences.

Ulysse chant XII

ULYSSE, CHANT XII, 2011
Boules Quies dans sa boite d’origine, épingles, 7 x 5 x 5 cm.

Le mythe d'Ulysse et des sirènes est réactualisé dans une boite de boules Quies

Ulysse chant XII

ULYSSE, CHANT XII, 2013
Feuilles de cire d'abeilles, bois, aluminium, vidéoprojecteur.

La cire d’abeilles soustrait l’information lumineuse et crée l’image projetée au mur. S’inspirant des dispositifs de lanterne magique, la vidéoprojection d’un vol d’étourneaux entourant le bateau s’apparente aux sirènes volucraires, tentatrices du Chant XII de l’Odyssée.

Un son est diffusé en stéréo dans la pièce. Les harmoniques isolées issues d’un chant de grenouilles capté durant une résidence en Baie du Mont St Michel (cf : Affût) évoque le pendant aquatique des femmes à corps d’oiseaux.

Ex Voto

EX VOTO, 2009
installation, cire, paraffine, bougie, miroir, acier

Les bougies en équilibre horizontal prennent un mouvement autonome sous l'action de la chaleur. Elles dessinent une ligne mouvante et lumineuse devant un bateau de cire actionné par des ficelles. Inspiré par l'esthétique des Ex votos marins, ce travail a été présenté pour l'exposition Moby Dick à l'Espace Cosmao Dumanoir à Lorient.

Nymphéas

NYMPHÉAS, 2009 & 2012
cire d'abeilles, paraffine, bougies, bois, plaque de métal.

Une plaque de métal martelée accueille les nénuphars en paraffine. En chauffant, ils commencentpar glisser sur la surface, puis éclore avant de se noyer dans leurs substances.

Naufrage

NAUFRAGE, 2009
Paraffine, casserole, plaque chauffante, projection vidéo, 6'40"

Dans une casserole, un trois mats fait naufrage...

Quo Incidence

QUO INCIDENCES, 2008 à 2014
35 Textes et photographies, impressions numériques contrecollées Dibond, 14x10,5cm

Les coïncidences induisent à la fois les notions de hasard et d'incidences réciproques ; deux objet se lient, et forment un temps seulement une tierce image poétique.

charpenteur

L'ATROPHIÉ - Projet (Ch)arpenteur, 2014, Chapelle du Saint Esprit, Auray.
Chevilles en pin Laricio, verre. Dimensions variables. (sur Cent-Feuilles, 6x10x25m par Cantito)


Sur une proposition de Denis Cantiteau, cinq artistes et architecte sont associés au projet (Julien Laforge, Nicolas Chatelain, Pierrick Naud, François Seigneur), chacun aussi invité à intervenir ponctuellement au sein même de la sculpture monumentale. La structure de Denis est une évocation de l’adaptation du milieu végétal dans une friche architecturale. L'assemblage bois est constitué par mimetisme formel, référence au système racinaire du pin des landes.

Chemin faisant, des plaques de verres apparaissent discrètement sur la structure, elles révèle en réflexion les noeud évidés des planches. Les plaques deviennent ainsi les supports des projections lumineuses, photosynthèse jouant de l'appréhension structurelle. D'autres verres assemblés elles aussi par des chevilles bois prolongent légèrement la panne écourtée d'un parapluie renversé. Par la stratification du verre, les lignes de contours prennent la lumière à certains moments de la journée et redessinent le lignage des fibres du bois.

Chasseur d'images

CHASSEUR D'IMAGES, 2009
boites à couvercle, papier photographique.

Dans des boites, du papier photographique insolé mais non-fixé est disposé. Les mots (verbes d’actions) font référence au champ lexical de la chasse autant qu’à celui de la photographie. En ouvrant à répétition, les mots disparaissent petit à petit, engloutis par le fond qui vire au noir.

Comme dans un moulin

COMME DANS UN MOULIN, 2010
Installation sonore.
Exposition compo-site, Lorient.

Les filets d’air captés dans les interstices des fenêtres du moulin sont enregistrés et rediffusésen direct à l’étage, sous une coupole, dans un jeu entre sons réels et sons diffusés. Une bouclese forme (le son diffusé recapturé par les micros du bas) et fait virer petit à petit le son du venten larsen. Arrivé à un certain niveau sonore, tout s’arrête et repart de zéro.

« Dans le règne de l’imaginaire, il n’est pas impossible que le moulin fasse tourner les vents » Gaston Bachelard, L’air et les songes

Cairns de Gavrinis et Locmariaquer, Sténopé

CAIRNS de GAVRINIS / LOCMARIAQUER, 2011
Diptyque photographique, 127x230 cm, 97x180cm
Centre des Monuments Nationaux, Locmariaquer.

Les cairns de Gavrinis (petite île du Golfe du Morbihan) et de la Table des Marchands à Locmariaquer ont une histoire commune. Les dalles recouvrant chaque édifice étaient au départ un seul et même bloc dont les fragments disjoints sont dispersés dans chacun des deux sites. Les archéologues ont mis au jour ce lien en découvrant que les gravures sur les pierres coïncident et se complètent d’un monument à l’autre.J’invoque cette histoire en opérant un rapprochement symbolique et spatial de ces deux lieux, réunir ce qui est séparé par l’entremise du diptyque photographique.

Pour cela, les deux cairns ont été transformés en chambres photographiques, en apposant un papier photosensible en travers du couloir et aux dimensions exactes de ce dernier. La lumière s’imiscant par le trou (sténopé) fait dans la porte projette sur le papier l’image du paysage extérieur présent dans l’axe direct du couloir. Je reste dans le noir à l’intérieur du cairn pendant tout le déroulement de la prise de vue (env.2h). La part de hasard (ensoleillement, temps d’exposition...) et le négatif de l’image donnent à voir l'image comme le reflet d’une expérience photographique.

Flipbook Ces Oiseaux de mort

FLIPBOOK (“CES OISEAUX DE MORT”), 2011
Transposition du flipbook “Ces Oiseaux de Mort” en installation vidéo, obus glanés sur un champ d'entrainement au tir de l’aviation militaire.

Un château de sable construit derrière une cible est détruit par les tirs d’avions de chasses. Le son cadencé du pouce sur les pages en papier mises en mouvement, amplifié, rappelle les tirs aériens.

Éditions

“CES OISEAUX DE MORT”, 2011
Flipbook, PAM éditions, Brest, ISBN:

LE VIOLON NOIR, 2008
Couverture exemplaire unique “Le Violon Noir” de Maxence Fermine, Arléa 1er Mille réalisé pour l'exposition 1er Mille à la Médiathèque d'Inzinzac-Lochrist, 2008, Gauffrage sur papier d'Arche.

IL EST DE CES CHOSES, 2011
mémoire composé de trois carnets :
Le pédoncule de terre d'un nénuphar en cire
...Tu vas l'user...
Ces Oiseaux de Mort

Mon travail se définit dans une forme hybride où l’objet créé est intrinsèquement lié au processus de création et d’activation. La démarche proche du performatif implique l’immersion du corps dans l’espace, l’expérience du temps, "la mise en valeur d’une présence au monde et des modalités spécifiques d’apparition de l’image ou du langage".

Cet attachement au processus se traduit notamment dans ma pratique photographique où la collecte d’éléments fragmentaires in situ, la construction de sténopés invoquant le fétiche ou l’abris, l’intimité progressive avec l’espace et ses occurrences sont autant d’étapes consubstantielles aux images résultantes.

Dans un lien d’interdépendance, l’œuvre est la fois dispositif, processus artistique, empreintes, éléments qui prennent corps durant l’exposition comme les traces archéologiques issues d’une rencontre avec l’espace.

Portfolio 2009 / 2013.

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